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ATTENTE DE DIEU
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ATTENTE DE DIEU

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Attente de Dieu – La maladie, la souffrance et la mort, Archimandrite Aimilianos de Simonos Petra, Catéchèses et discours tome 9, 20,5 x 14 cm, 252 p. broché.

La maladie est un signe qui me relie à Dieu, une visite de Dieu et une ascension vers son trône, d’où il sonde nos reins et nos cœurs.

 

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La vie spirituelle ne se conçoit pas sans ce désir ardent et cette course vers nos derniers instants. La mort, la perspective de notre départ de ce monde, la réalisation enfin de nous rêves nous introduisent dans les Cieux et nous rappellent qu’ils exercent une attraction sur notre âme.

Archimandrite Aimilianos

Récension du Père Macaire du Monastère de Simonos Petra :

« Ce nouveau recueil des enseignements du Père Aimilianos de Simonos Pétra est le fruit d’une collaboration fraternelle entre le Monastère de l’Annonciation d’Ormylia (Chalcidique), Métochion de Simonos Pétra, les éditions « Apostolia » et les sœurs du Monastère de la Toute-Protection de Bussy-en-Othe, qui ont fourni une excellente traduction, rendant parfaitement la vivacité et la profondeur de la parole de l’Ancien.
À la différence des volumes précédents, qui traitaient de différents sujets afférents à la vie spirituelle, celui-ci est consacré à un seul thème, celui de la mort et de ses corollaires : la souffrance et la maladie. Un thème qui préoccupe tout homme et qui a pris une actualité particulière à l’occasion de la pandémie, toujours présente, laquelle a manifesté la fragilité de notre civilisation mondialisée et les illusions des prétentions transhumanistes qui promettent la quasi-immortalité grâce aux progrès techniques. Il suffit cependant d’un tout petit virus, pour que le monde entier s’immobilise, que quatre milliards d’hommes restent confinés à domicile et que le système de santé soit saturé !
Il y avait là une leçon d’humilité, que la plupart de nos contemporains n’ont pas voulu recevoir, dans leur hâte à reprendre leur vie « comme avant ». Mais ce livre, qui avait été édité en grec quelques mois avant ces événements (2018), de manière tout à fait indépendante de l’actualité, pourra certainement aider ceux qui se posent des questions.
D’emblée, dès les premières pages, le Père Aimilianos place le problème de la maladie et de la souffrance dans une perspective inattendue. Loin de s’étendre sur l’infirmité de notre nature déchue et soumise à la corruption, il nous affirme que le but et le sens ultime de notre vie est la rencontre avec Dieu :
Notre vie est un pont pour arriver sur la rive d’en face. Là, Dieu nous attend pour que nous le voyions face à face. À partir de quelques instants de combat et de petites épreuves en cette vie, nous avons devant nous la vie éternelle et toutes les aspirations de l’Esprit pour nous, mais aussi nos propres désirs pour la vie spirituelle et éternelle (p. 11).
Loin d’être un abandon de Dieu, la maladie peut devenir, si nous savons l’utiliser à bon escient, une véritable bénédiction, « une visite de Dieu et une ascension sur son trône, d’où il sonde nos reins et nos cœurs » (p. 40).
Depuis la chute de nos premiers parents, la mort et la corruption, donc la maladie, font partie de notre nature. Elles sont les compagnes de notre vie. Il est impossible d’y échapper (p. 49).
Tous, nous avons reçu la nature que nous ont transmise Adam et Ève ; non dans l’état où ils sont sortis des mains de Dieu, mais comme l’a produite notre propre misère, notre propre attention à l’égard du serpent, et notre propre geste vers le fruit défendu (Gn. 3, 1sv). En conséquence, à partir de ce jour-là, notre nature est blessée par l’épine de la maladie, de la souffrance en général, et depuis lors l’homme lutte entre la peine et le plaisir, et la souffrance surabonde toujours, en sorte que la jouissance soit un bien désirable que nous obtiendrons dans le Royaume des cieux (p. 54).
Reprenant l’enseignement de saint Grégoire le Théologien sur la mort comme pédagogie divine, accordée à l’homme pour donner une limite au péché (Discours 38, 12, SC 358, 131), le Père Aimilianos nous assure que si « la maladie est bien une conséquence du péché et de l’égoïsme de l’homme, Dieu, qui tire du bien de tout mal (cf. Rm. 8, 28), l’utilise pour en faire sortir vertu et éternité » (p. 85). La maladie peut devenir pour nous un don de Dieu pour rejeter le péché. Elle est un signe qui nous relie à Dieu (p. 49). Elle est une des langues que Dieu emploie pour nous parler (p. 82) et une occasion pour nous détacher des réalités transitoires, afin de rencontrer Dieu et de le connaître (p. 77).
La maladie et toutes les épreuves de cette vie sont aussi des aide-mémoires de tout ce que le Christ a accompli pour notre salut  (p. 67). Affermis dans la foi en la victoire du Christ sur le diable et sur tous ses suppôts, c’est dans la lumière de la Résurrection qu’il nous faut les affronter, avec la conviction que le Christ-Vainqueur est avec nous, en compagnie de tous les saints qui ont, à sa suite, supporté les souffrances dans leur chair.
Ce n’est pas seulement il y a vingt siècles, que le Christ est venu pour restaurer notre nature malade (p. 55), mais aujourd’hui encore, pour chacun d’entre nous, Il assume la souffrance et la mort, signes de notre séparation d’avec Dieu, pour en faire les signes de son amour du Père et les moyens de notre propre résurrection spirituelle, de notre communion avec la Source de la Vie.
Dieu est devenu Dieu de souffrance, parce qu’il a aimé sa créature, même dans son état de chute ; il l’a aimée tout entière et l’a recréée, renouvelée, régénérée, ranimée, et le premier Adam, il l’a fait second Adam, selon son modèle (p. 55).
Le Christ se saisit de cette corruption et de cette tromperie et les rend spirituelles, les change, les transforme, et cette créature spirituelle, l’homme régénéré, hérite du Royaume des cieux. Ce qui est douloureux, ce qui est corrompu, le Christ le prend sur lui. C’est aussi la raison pour laquelle nous disons que la maladie est l’état naturel de l’homme, y compris des saints. (p. 66).
Si donc la maladie fait partie du plan de Salut, accompli par le Christ Dieu-Homme, il est donc inconvenant de se révolter lorsque nous tombons malade, et de demander : « Pourquoi moi ? ».
Puisque c’est dans les épreuves que Dieu se révèle à nous – que ce soient les épreuves involontaires de la maladie et des calamités diverses, ou les épreuves volontaires de l’ascèse – il nous faut affronter l’adversité comme un évènement naturel, sans s’affoler, sans être obsédé par le désir de guérison, avec confiance absolue en Celui qui est venu communier à nos souffrances, fermement établis entre les mains de Dieu. « Marchons complètement libres, parfaitement affranchis des désirs et des convoitises, de toute espèce de craintes et d’espoirs ; soyons légers, avec la conscience que nous sommes sur les ailes de l’Esprit » (p. 43). « Si nous marchons, à travers les épreuves,  avec la conviction que nos noms son inscrits dans les cieux, alors Dieu ne sera pas quelque chose que nous subissons mais que nous possédons » (p. 44).
Cette vision si positive de la maladie, envisagée comme bénédiction de Dieu, ne suppose pas cependant une attitude arrogante envers la médecine, à laquelle il convient d’avoir recours, selon l’enseignement de la Sainte Écriture, mais en mettant sa confiance et son espoir en Dieu (cf. Sir. 38, 1-4, p. 75sv).
Les médicaments, pris avec discernement, foi et humilité,  peuvent nous aider à garder l’harmonie et la paix dans notre vie (p. 75). « Toutefois, il est nécessaire de nous rappeler que, puisque c’est le Seigneur qui a donné les médicaments, nous devons toujours nous référer à Dieu et non aux médicaments. Quand je vais chez le médecin ou prends un médicament, en réalité c’est en Dieu que je place ma confiance » (p. 77).

Si telle devrait être l’attitude du chrétien devant la maladie, à plus forte raison devrions-nous affronter ainsi la perspective de la mort – celle de nos proches et notre propre mort – « puisqu’il n’est pas d’événement plus important, plus réaliste et plus certain que la mort dont, en général, les gens ont peur » (p. 165).
De manière très significative, la mort est aujourd’hui un des seuls tabous qui demeure dans la société moderne, qui essaie à tout prix de la camoufler, incapable qu’elle est de l’assumer et de lui donner un sens. Alors que pour le chrétien elle est le début de la vraie vie. Ses portes et ses verrous ont été fracassés par la Résurrection du Seigneur, son aiguillon a été émoussé, et elle a été engloutie dans la victoire du Christ (I Cor 15, 54-57). Voilà ce qu’est la mort d’un chrétien : c’est le don, le grand don que Dieu a fait à l’homme (p. 109).
Toute l’économie divine de la Rédemption vise justement à ce que nous nous familiarisions avec l’événement de la mort, de la résurrection, du Royaume des cieux, de la présence et de la gloire de la Sainte Trinité. La résurrection est la cour dans laquelle on pénètre par l’entrée qui est la mort. La résurrection n’est pas un lieu, c’est du vécu. La résurrection est la vision de la gloire de Dieu, le but de notre naissance  (p. 135).
C’est donc devant la mort que l’authenticité de notre foi pourra être éprouvée. Si nous sommes vraiment convaincus que Dieu est descendu sur terre pour déifier l’homme et l’amener à siéger sur le trône céleste, et que l’œuvre du salut est désormais accomplie pour nous, il nous reste encore à témoigner de notre adhésion personnelle à ce mystère du Salut, le reste appartient à Dieu (p. 206).
Cette pensée de notre victoire sur la mort, acquise par le Christ, devrait nous remplir d’enthousiasme et du désir de rejoindre au plus vite la cour des saints, sans un regard en arrière pour cette vie passagère et enfermée dans la corruption.
La foi que tous nos combats seront scellés et signés seulement là-haut nous attire. Savoir qu’ici nous sommes des voyageurs, que nous ne pouvons pas du tout nous reposer alors que là-haut, notre repos sera l’encens indescriptible et suavement parfumé, la vision du ciel, nous captive (p. 137).
Et l’Ancien va jusqu’à affirmer, de manière paradoxale mais profondément vraie sur le plan spirituel :
Le tombeau est l’aboutissement d’un désir et le prélude de la jouissance de ce désir.… Le tombeau fait jaillir la lumière, le tombeau offre Dieu, le tombeau révèle la personnalité et la nature de l’homme, en conséquence il nous manifeste ce qu’est l’homme, ce que nous sommes nous-mêmes (p. 189). Dieu se révèle dans le tombeau (p. 199).
Le tombeau est le lieu de la véritable rencontre de Dieu et de l’homme. Loin d’être un spectacle repoussant, la mise au tombeau d’un défunt et la décomposition du corps qui s’en suit est la plus grande leçon de théologie et d’anthropologie que nous puissions recevoir. Elles nous révèlent que l’homme n’est tout entier que lorsque le corps et l’âme sont réunis par l’insufflation divine (p. 196).
Il n’existe donc pas de don fait à l’homme plus beau que la mort. Dans la mort nous découvrons notre réalité concrète (hypostase), qui n’existe vraiment que quand Dieu est en nous. » (p. 199, 203).
Pour qui a réalisé ce grand mystère de la vie éternelle, qui nous est acquise dès maintenant par notre insertion dans le Corps du Christ, la mort et la perspective de notre départ de ce monde deviennent l’objet du plus ardent désir, car nous y trouvons enfin «  la réalisation de nos rêves, puisqu’elles nous introduisent dans les Cieux et nous rappellent qu’ils exercent une attraction sur notre âme » (p. 143). La mort, répétait souvent l’Ancien dans ses enseignements, est « l’abolition de l’invisibilité de Dieu », et « la vie spirituelle ne se conçoit donc pas sans ce désir ardent et  cette course vers nos derniers instants » (p. 170).
Par conséquent, la crainte de la mort est un phénomène anormal pour un chrétien, elle manifeste une âme instable et non préparée à rencontrer Dieu face à face (p.  165).
Il nous faut donc prendre conscience de nos responsabilités et nous préparer convenablement à cette rencontre avec Dieu (p. 165), qui sera l’événement le plus crucial de notre vie. Il faudra pour cela avoir la conscience parfaitement pure (p. 169) et être libéré de tout attachement à notre égo :
Ainsi, la condition nécessaire pour que j’hérite du ciel est que je me vide de moi-même à la face des hommes, comme le Seigneur s’est vidé lui-même (Phil. 2, 7). … Le reniement de soi, le dépouillement, l’oubli de soi, le fait de s’oublier et de faire fi de soi, tout cela nous gratifiera alors de la lumière incréée, et nous placera dans le Royaume des cieux (p. 238).
Cet enseignement, nourri par l’expérience du Dieu vivant, a accompagné toute la vie du Père Aimilianos, qui depuis son enfance était très souvent éprouvé par diverses maladies, qu’il supportait avec la même paix et confiance en Dieu. Et lorsqu’il a été atteint finalement de la maladie mystérieuse, qui a clos sa « bouche d’or », l’a cloué au lit et l’a enfermé dans le silence pendant vingt-cinq ans, on ne l’a jamais entendu protester ou montrer quelque réaction négative. Il restait calme, abandonné à la volonté divine, manifestant par toute sa conduite la vérité de ses paroles :
Et même cette maladie qui est la nôtre est une louange de Dieu et peut dévoiler l’amour de Dieu ; toutefois c’est aussi une exhortation à le louer, car nous ne savons pas combien durera notre vie (p. 62).
Certaines expressions des textes réunis dans ce volume pourront peut-être paraître exagérées pour le lecteur occidental, mais il convient de les replacer dans leur contexte. Comme pour tous les autres volumes des enseignements du Père Aimilianos, recueillis par les sœurs d’Ormylia, il s’agit surtout de transcriptions de catéchèses adressées à ses disciples, moines et moniales, qui avaient pour but de les encourager au combat spirituel. Leur style parénétique échappe parfois à l’exactitude théologique, mais il rend parfaitement l’atmosphère de la relation d’un Père spirituel avec ses disciples. Ces catéchèses étaient d’ailleurs complétées par les entretiens personnels, qui permettaient à l’Ancien de régler pour chacun, aussi bien les exigences ascétiques que les soins à donner à sa santé.
Souhaitons donc que cet ouvrage ouvre à ses lecteurs la possibilité d’une nouvelle perspective sur la maladie, la souffrance et la mort, nourris par la conviction que si le Christ est ressuscité, la mort n’a désormais plus d’emprise sur nous.
Hiéromoine Macaire de Simonos Pétra »

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