Qu’est-ce un monastère ?

"Chercher Dieu, répondre par un engagement de tout son être à l’appel de l’Amour qui nous a créés : tel est l’idéal du moine et la merveilleuse unité de sa vie."

La vie monastique est un état de vie où tout est organisé en vue de favoriser la croissance et l’épanouissement de la grâce du baptême. Lors du baptême, Dieu dépose un germe de grâce dans l’homme, que celui-ci devra faire fructifier moyennant des efforts personnels, moyennant surtout une ouverture à l’aide du Ciel et à la relation personnelle avec le Christ. 

Le but de la vie d’un moine n’est pas différent de celui de la vie chrétienne ordinaire. Ce qui distingue le religieux, c’est qu’il a mis la recherche de la perfection de l’amour et de l’union à Dieu au centre absolu de sa vie, et qu’il a adopté un genre de vie où tout est organisé en vue de ce seul but.

Le moine recherche la prière continuelle du cœur : ceci non pas au cours d’une journée qui se caractériserait par une succession de moments de prière, mais dans une orientation continuelle du cœur vers Dieu, de sorte que toute la vie devienne une prière, et que tout acte, même s’il n’est pas d’ordre cultuel, soit fait avec un cœur tourné vers le Seigneur et cherchant son Royaume.

 

 

Les offices

"Les mouvements d’un cœur et d’un esprit purifié sont des voix paisibles qui chantent dans le secret des Psaumes à l’Invisible." - St Isaac le Syrien

Le Monastère est une dépendance du Monastère de Simonos Pétra, au Mont Athos et, à ce titre, suit son rythme et son genre de vie (que les grecs appellent le typicon).

Ce qui caractérise actuellement le genre de vie mené à Simonos Pétra, c’est l’alliance d’une vie communautaire et liturgique assez intense, avec une part importante de vie en cellule, selon les possibilités et les besoins de chacune. La prière en cellule, voie privilégiée pour vivre l’intimité personnelle avec Dieu, trouve cependant son sens et son épanouissement dans la prière communautaire.

Les offices sont célébrés en français. Ils sont chantés d’après les mélodies byzantines, a capella selon la tradition ancienne. Le chant choral, où toutes les voix louent Dieu à l’unisson, est l’expression de la recherche d’unité dans la vie fraternelle, dont la prière liturgique à l’église est la plus haute manifestation.

Une journée-type au monastère

6h : Matines et Laudes, suivies, quatre fois par semaine, par la Divine Liturgie (Messe). 

De 8h30 à 10h, temps en cellule.

10h :Tierce et Sexte. Déjeuner.

11h : journée de travail qui se déroule jusqu’aux Vêpres, 

17 h. : None et Vêpres. Repas du soir, suivi de l’office de Complies. 

20 h :  temps du « grand silence », le moment de la prière personnelle et du repos.

"Maintenant l’âme est enveloppée de la nuit divine, dans laquelle l’Epoux s’approche, mais n’apparaît pas. Comment, en effet, celui qu’on ne voit pas apparaîtrait-il dans la nuit ? mais il donne à l’âme un certain sentiment de sa présence, tout en échappant aux prises de l’évidence, caché par l’invisibilité de sa nature."  - St Grégoire de Nysse

Sont ainsi célébrés les sept offices de la journée, traditionnels dans tout le monachisme. Cependant, à la différence du monachisme occidental qui tend à célébrer chaque office à son « heure » originale, dans le monde oriental il est plus habituel de « grouper » les offices. C’est ainsi que le Monastère de Solan a quatre moments de prière dans la journée.

Ce programme change selon les temps liturgiques (Carême, grandes fêtes…). Il est également adapté lors des grands travaux viticoles.

Le dimanche, pour permettre à ceux qui le souhaitent de se joindre à elles, les moniales célèbrent les Matines à 7h puis la Divine Liturgie à 9h30, et les Vêpres à 17h.

Vivre au rythme de la terre

Le travail des moniales pour gagner leur vie n'est pas une activité « profane » qui prendrait place à côté de l'activité « sacrée » que serait la prière. Ce travail n'est pas seulement sanctifié parce que les sœurs essayent de prier en même temps qu’elles l'accomplissent... C’est toute la cohérence de leur vie qui s'exprime dans la manière de se nourrir, d'aborder la terre, de la cultiver, en respectant sa nature, ses rythmes, sa finalité. 

L’Eglise sanctifie les fruits du travail de la main de l’homme : 

Chaque mois, a lieu une bénédiction des Eaux, et, à des occasions particulières, les bâtiments et les champs sont aspergées de cette eau bénite, qui véhicule la sanctification par l’Esprit.

A chaque vigile, le blé, le vin et l’huile sont bénis. Et surtout, ce sont des pains faits par les mains des Sœurs, et le fruit de leur vigne, qui, à chaque Liturgie, sont changés en Corps et Sang du Seigneur et donnés aux fidèles « pour la rémission des péchés et la vie éternelle. »

"Lorsque le Seigneur appelle son corps le pain qui est fait de beaucoup de grains réunis, Il signifie par là l’union de tout le peuple chrétien, qu’Il portait en Lui. Et lorsqu’il appelle son sang le vin qui, de nombreux raisins, ne fait qu’un seul breuvage, Il signifie encore que le troupeau que nous sommes provient d’une multitude ramenée à l’unité." - St Cyprien, Epist. 69, cité par H. De Lubac, catholicisme, p. 64

Le 6 août, enfin, les premières grappes de raisins sont bénies à la Liturgie de la fête de la Transfiguration. Cette fête revêt une importance particulière, elle est l’affirmation même de la foi chrétienne en la sanctification de la matière par le Christ.

"Ce n’est pas devant la matière que je me prosterne, mais devant le créateur de la matière, qui est devenu matière pour moi, qui a accepté de vivre dans la matière et qui a fait mon salut par la matière. Je ne cesserai pas de respecter la matière, par laquelle mon salut a été fait." - St Jean Damascène

L’hospitalité

La porte est ouverte à tous ceux qui souhaitent faire connaissance avec Solan, y passer un petit moment, visiter la chapelle et échanger avec les sœurs.

Les horaires de visite sont : du mardi au dimanche, de 11 h à 18h.

Par ailleurs, nombreux sont ceux qui aiment à venir au monastère renouveler leur ferveur dans le silence d’une retraite. C’est un des rôles fondamentaux de la communauté : être un foyer de prière, un foyer d’où la prière se propage, jusqu’à en embraser le monde.

Au contact de la vie monastique, les retraitants peuvent comprendre que « la Rédemption n’est pas seulement une œuvre à réaliser, mais une grâce à obtenir en union avec Jésus, et que c’est avant tout la prière jointe au don total de nous-mêmes qui obtient l’effusion de la grâce divine, non seulement pour nous, mais pour une multitude d’autres. »

Par ailleurs, le  monastère est ouvert à ceux qui cherchent des approches nouvelles de la relation de l’homme avec la terre. Plusieurs personnes viennent ainsi vivre quelques jours avec les Sœurs, vivant à leur rythme, participant aux différents travaux, s’associant et apportant leur aide au projet de gestion patrimoniale. Ces rencontres sont un lieu de témoignage et d’échanges enrichissants.

Dans le cadre de l’association des Amis de Solan, qui regroupe autour de deux cents cinquante adhérents, des journées de visite ou de conférences sont régulièrement organisées.

Quelques documents

- Extraits de la Règle

- Les moines et le travail

- La fête de la Protection de la Mère de Dieu

- Extraits d’une homélie du Rév. Père Placide sur l’écologie